Vers des « hotspots flottants » ?

Source : Vers des « hotspots flottants » ?

Ce projet de l’Union européenne est l’assemblage de deux dispositifs déjà existants. L’un, c’est le déploiement de navires de l’OTAN pour surveiller la frontière méditerranéenne et dont la militarisation de la lutte contre l’immigration dite irrégulière. Officiellement, il ne s’agit bien sûr pas d’une lutte contre les exilé-e-s, mais contre les passeurs. Mais les États qui déploient leur marine militaire pour intercepter les bateaux sont tout autant en capacité de délivrer des visas aux personnes en demande de protection pour qu’elles accèdent légalement au territoire européen. C’est parce qu’il n’y a pas de visas qu’il y a des passeurs. Sachant que l’expression « immigration irrégulière » est impropre s’agissant de demandeur-se-s d’asile, la convention de Genève leur donnant le droit de franchir toute frontière par tout moyen pour accéder au territoire d’un État pouvant leur accorder l’asile.

L’autre dispositif, c’est celui des hotspots qui ont été créés en Grèce et en Turquie. Leur but est de faire un tri sommaire entre les exilé-e-s qui relèveraient de l’asile, et pourraient donc rester, et celles et ceux qui seraient des « migrant-e-s économiques », et qui auraient « vocation » à être expulsé-e-s.

Du côté grec, l’accord entre l’Union européenne et la Turquie organise le refoulement des exilé-e-s arrivé-e-s depuis le 20 mars, tandis que l’érection de barrières et parfois le déploiement de l’armée rend difficile de quitter la Grèce pour aller vers l’Europe centrale en traversant les Balkans.

Du côté italien, il est compliqué de faire croire que la Libye est un pays sûr où il est possible de refouler les exilé-e-s, et le gouvernement officiel ne contrôle pas l’ensemble du territoire. L’idée est que l’OTAN, dont les navires sont déployés dans les eaux internationales, s’avance dans les eaux territoriales libyennes, et la possibilité d’une intervention terrestre en Libye est évoquée. Mais en attendant les exilé-e-s arrivent en Italie, la loi italienne ne permet pas de leur prendre leurs empreintes digitales de force, donc ceux et celles qui refusent peuvent aller demander l’asile ailleurs en Europe.

D’où l’idée d’enregistrer les exilé-e-s sur des bateaux, où la loi italienne ne s’appliquant pas il serait possible de prendre leurs empreintes de force, et où il serait aussi possible de retenir les personnes refusant de les donner, comme c’est déjà le cas sur l’île de Lampedusa. Dans un second temps, des opérations de refoulement pourraient plus simplement se faire à partir des bateaux qu’à partir du territoire italien.

http://www.lesechos.fr/monde/europe/021945499882-ca-se-passe-en-europe-hotspots-flottants-en-italie-nouveau-casse-tete-autour-du-secret-des-affaires-a-bruxelles-1223416.php

http://www.telegraph.co.uk/news/2016/05/12/eu-plans-floating-migrant-centres-off-libya/

https://www.hrw.org/news/2016/05/17/eu-plans-libya-risk-crossing-migration-red-lines#st_refDomain=t.co&st_refQuery=/FtIaUO7Vi9


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