« Les pays africains ne sont pas des gardes-frontières »

Un message adressé aux pays européens.

MIGRATION – Le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Nasser Bourita, a estimé, mercredi 2 mai à Marrakech, que les pays africains “ne sont pas des gardes-frontières”.

“La coopération avec le Sud ne doit pas être exclusivement liée au contrôle des frontières. Les pays africains ne sont pas des gardes-frontières, ils sont des partenaires à part entière dont les priorités ne sont pas secondaires”, a indiqué le ministre en ouverture de la 5e conférence ministérielle du dialogue euro-africain sur la migration et le développement.

“Il est, en ce sens, nécessaire de concilier l’approche européenne de contrôle des frontières avec les priorités du développement et de l’intégration africaine”, a-t-il ajouté. “Si l’intégration européenne a été un facteur de paix, de stabilité et de prospérité sur le continent européen, ne peut-elle pas l’être aussi sur le continent africain?”, a encore fait valoir le ministre.

Une soixantaine de ministres des Affaires étrangères et/ou de l’Intérieur de pays d’Afrique et d’Europe participaient à ces travaux sur la migration qui ont débuté mercredi matin dans la ville ocre.

Une manière, pour Nasser Bourita, de pointer du doigt la propension de certains pays européens à ne voir dans des pays africains comme le Maroc – point de passage stratégique de milliers de migrants vers l’Europe – des partenaires privilégiés uniquement dans la lutte contre l’immigration clandestine.

FADEL SENNA VIA GETTY IMAGES
Des membres des forces de l’ordre marocaines arrêtent un migrant clandestin le 18 février 2017, après qu’il a tenté de traverser la frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole de Ceuta.

12% des flux migratoires en Europe viennent d’Afrique

Le ministre des Affaires étrangères a d’ailleurs tenu à rappeler, à cette occasion, que dans chaque région du monde, “il y a plus de migrants venant de la même région, que de migrants venus d’ailleurs”.

Aussi, “sur 258 millions de migrants dans le monde en 2017, moins de 14% (36 millions) sont Africains. Moins de 3% de la population africaine a migré à l’international et moins de 12% du total des flux migratoires à destination de l’Europe proviennent d’Afrique”, a relevé le ministre. “En somme, si les migrations africaines augmentent, elles progressent surtout au sein du continent africain lui-même qui a connu en 10 ans, une évolution de 67% en nombre de migrants”.

“La migration est trop riche pour être ramenée à l’immigration irrégulière; elle est trop complexe pour être réduite aux perceptions stéréotypées associées aux migrants et trop utile pour être simplifiée en une équation binaire au postulat erroné et à la somme discriminante”, a souligné Nasser Bourita. “Le migrant ne doit plus, dans l’imaginaire collectif, évoquer le danger, attiser la peur et fomenter la haine. Il ne doit plus faire l’objet d’une entreprise politique de construction d’un bouc-émissaire”.

La cinquième conférence ministérielle du dialogue euro-africain sur la migration et le développement, aussi appelée “Processus de Rabat”, se conclura par l’adoption de la Déclaration de Marrakech et du Plan d’action de Marrakech. Ces rencontres visent à promouvoir le développement de politiques migratoires communes entre l’Europe et l’Afrique.

Anaïs Lefébure, Rédactrice en chef adjointe et responsable des blogs, HuffPost Maroc

Source : Nasser Bourita sur la migration: « Les pays africains ne sont pas des gardes-frontières »


Une réflexion sur “« Les pays africains ne sont pas des gardes-frontières »

  1. Dans toutes les études, témoignages et statistiques on oublie de dire comment les jeunes africains sont désignés pour venir en Europe. Dans la majorité des cas, ils sont désignés par les membres de leur village ou de leur famille pour tenter leur chance en Europe afin de faire vivre ceux restés au pays. Ce sont des esclaves de leur propre villages ou famille. Ils doivent absolument réussir à franchir la méditerranée et ne peuvent échouer. Ils ont le soutien financier des « investisseurs », pour payer les passeurs et subvenir à leurs besoins vitaux durant leur voyage. D’un autre côté les pays occidentaux ferment les yeux sur cette situation. Ce sont des pays néo-colonialistes qui se servent ainsi dans les pays africains pour alimenter leur manque de main d’œuvre.

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