Droit de quitter tout territoire / Right to leave any country

Il n’est pas sûr qu’ait jamais existé un véritable droit des individus de quitter tout territoire (au sens large et non seulement moderne de territoire étatique)[1]. Les périodes de prohibition ont été très nombreuses et le passage de la frontière n’a que très exceptionnellement été entièrement libre dans l’histoire. L’affirmation internationale d’un droit des individus de quitter tout pays est relativement récente. Elle n’apparaît véritablement que sous la forme d’un énoncé juridiquement non contraignant, la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 (article 13 § 2 : « Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays »), qui ne reconnaît cependant pas son corrélat nécessaire à l’affirmation d’une liberté de circulation, le droit d’entrer sur un autre territoire étatique.

Nonobstant cette déclaration, les Etats sur le territoire desquels sont les individus désirant migrer ont toujours entendu garder la possibilité juridique de s’opposer à la sortie de leur territoire de leurs nationaux et des étrangers.

Il suffit aux Etats, pour fonder juridiquement le pouvoir qu’ils détiennent en matière de circulation des personnes, qu’ils se réfèrent au principe international de liberté de l’État en la matière. Ce principe est constamment qualifié d’international par la Cour européenne des droits de l’homme[2] et dans le cadre de l’Union européenne[3] même si dans les deux cas des exceptions sont apportées à ce principe, essentiellement pour garantir certains droits fondamentaux des étrangers.

Certes, le droit de quitter tout territoire, y compris le sien, a été réaffirmé après 1948 dans un certain nombre de traités internationaux de protection des droits de l’homme[4]. De même, certaines normes étatiques énoncent de manière expresse ce droit d’émigrer, y compris parfois au niveau constitutionnel[5]. Logiquement, les organes chargés d’assurer le respect de ces traités par leurs Etats parties réaffirment ce droit auquel correspondent pour les Etats concernés non seulement l’obligation négative de ne pas empêcher un individu de quitter leur territoire, mais également des obligations positives[6].

Pourtant, tous les droits étatiques posent, d’une manière ou d’une autre, des limites à l’exercice de ce droit[7]. Deux des instruments privilégiés sont l’exigence d’un passeport pour sortir d’un territoire et celle d’un visa apposé à celui-ci par l’Etat de destination. Ces limites sont tolérées pour une part par les instruments mêmes qui proclament le droit d’émigrer. En effet, les traités précités permettent aux États de limiter l’exercice d’un tel droit[8].

La généralisation de ces limites doit conduire à considérer qu’elles relèvent certainement de la règle coutumière relative au droit de quitter tout territoire.

De leur côté, si les organes internationaux de contrôle peuvent apprécier si les restrictions imposées à un individu répondent aux conditions posées dans le traité[9], ils ne peuvent affirmer l’existence d’un droit absolu de quitter le territoire que ces conditions elles-mêmes nient.


[1] En ce sens, notamment : Plender R., International Migration Law, Revised Second Edition, Dordrecht/Boston/London, Martinus Nijhoff Publishers, 1988, 587 p., p. 62 ; Reale E., « Le problème des passeports », RCADI, Vol. 50, 1934, pp. 87-185., 95 ss. According to the author, Feudal documents seem to reveal numerous examples of the lord’s power to exclude from his domain named individuals or defined groups of foreigners, even if the exercise of this power was exceptional. Contra : Chetail V., « Droit international des migrations : Fondements et limites du multilatéralisme », in H. Gherari, R. Mehdi (dir.), La société internationale face aux défis migratoires, Journées internationales du CERIC – Aix-en-Provence, Paris, Pedone, 2012, 220 p., p. 39 ; Tiburcio C., The Human Rights of Aliens under International and Comparative Law, The Hague, Boston, London, Martinus Nijhoff Publishers, Coll. International Studies in Human Rights, Vol. 65, 2001, 318 p., pp. xix-xxii

[2] ECHR [GC], 4 February 2005, Case Mamatkoulov and Askarov v. Turkey, No. 46827/99 and 46951/99, § 66 : « The Contracting States have the right, as a matter of well-established international law and subject to their treaty obligations, including the Convention, to control the entry, residence and expulsion of aliens ». De même, Cour E.D.H., Chamaïev et autres c. Géorgie et Russie, req. n° 36378/02, 12 octobre 2005, para. 334 : « La Cour rappelle que les Etats contractants ont, en vertu d’un principe de droit international bien établi et sans préjudice des engagements découlant pour eux des traités, y compris la Convention, le droit de contrôler l’entrée, le séjour et l’éloignement des non-nationaux ». ; Cour EDH [GC], 27 mai 2008, N. c. Royaume-Uni, n° 26565/05, § 30. Déjà C.E.DH., 10 avril 2003, Mehemi c. France (n° 2), n° 53470/99, § 45 ss. Ultérieurement : C.E.D.H. [GC], 27 mai 2008, N. c. Royaume-Uni, n° 26565/05, § 30 : « Selon la jurisprudence constante de la Cour, les Etats contractants ont, en vertu d’un principe de droit international bien établi et sans préjudice des engagements découlant pour eux de traité, y compris la Convention, le droit de contrôler l’entrée, le séjour et l’éloignement des non-nationaux » ;

[3] Conseil européen des 15 et 16 octobre 2008, Pacte européen sur l’immigration et l’asile : le Conseil européen « rappelle qu’il revient à chaque Etat membre de décider des conditions d’admission sur son territoire des migrants légaux et de fixer, le cas échéant leur nombre. La mise en œuvre des contingents qui peuvent en résulter pourrait se faire en partenariat avec les pays d’origine ».

[4] Ainsi à l’article 12 § 2 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (« Toute personne est libre de quitter n’importe quel pays, y compris le sien » / Everyone shall be free to leave any country, including his own »), disposition qui a fait l’objet de réserves (ainsi du Belize,  a) : « Le Gouvernement bélizien se réserve le droit de ne pas appliquer le paragraphe 2 de l’article 12 compte tenu des dispositions réglementaires qui eigent des personnes souhaitant se rendre à l’étranger qu’elles fournissent des certificats d’acquittement de l’impôt », du Royaume-Uni : « Le Gouvernement du Royaume-Uni se réserve le droit de continuer à appliquer les lois sur l’immigration régissant l’admission et le séjour au Royaume-Uni et le départ du Royaume-Uni, qu’il peut estimer nécessaire de temps à autres, et, en conséquence, il accepte le paragraphe 4 de l’article 12 ainsi que es autres dispositions du Pacte sous réserve de toutes dispositions législatives applicables aux personnes qui n’ont pas, à tel moment, le droit d’entrer et de rester au Royaume-Uni en vertu de la législation du pays. Le Royaume-Uni se réserve également un droit analogue en ce qui concerne chacun de ses territoires dépendants », de Trinité-et-Tobago : « Le Gouvernement de la République de Trinité-et-Tobago se réserve le droit de ne pas appliquer le paragraphe 2 de l’article 12, compte tenu des dispositions légales internes qui imposent aux personnes souhaitant se rendre à l’étranger l’obligation de fournir un quitus fiscal ») ; à l’article 10, § 2 de la Convention relative aux droits de l’enfant : « Un enfant dont les parents résident dans des États différents a le droit d’entretenir, sauf circonstances exceptionnelles, des relations personnelles et des contacts directs réguliers avec ses deux parents. A cette fin, et conformément à l’obligation incombant aux États parties en vertu du paragraphe 1 de l’article 9, les États parties respectent le droit qu’ont l’enfant et ses parents de quitter tout pays, y compris le leur, et de revenir dans leur propre pays. Le droit de quitter tout pays ne peut faire l’objet que des restrictions prescrites par la loi qui sont nécessaires pour protéger la sécurité nationale, l’ordre public, la santé ou la moralité publiques, ou les droits et libertés d’autrui, et qui sont compatibles avec les autres droits reconnus dans la présente Convention » / « A child whose parents reside in different States shall have the right to maintain on a regular basis, save in exceptional circumstances personal relations and direct contacts with both parents. Towards that end and in accordance with the obligation of States Parties under article 9, paragraph 1, States Parties shall respect the right of the child and his or her parents to leave any country, including their own, and to enter their own country. The right to leave any country shall be subject only to such restrictions as are prescribed by law and which are necessary to protect the national security, public order (ordre public), public health or morals or the rights and freedoms of others and are consistent with the other rights recognized in the present Convention »; à l’article 2 § 2 du 4e protocole à la CEDH : « Toute personne est libre de quitter n’importe quel pays, y compris le sien », à l’article 22 § 2 de la convention américaine relative aux droits de l’homme intitulé “Droit de déplacement et de résidence” : « Toute personne a le droit de quitter librement n’importe quel pays, y compris le sien / Every person has the right lo leave any country freely, including his own”; à l’article 12 § 2 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples : « 2 Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays », à l’article 5 de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale : « Conformément aux obligations fondamentales énoncées à l’article 2 de la présente Convention, les États parties s’engagent à interdire et à éliminer la discrimination raciale sous toutes ses formes et à garantir le droit de chacun à l’égalité devant la loi sans distinction de race, de couleur ou d’origine nationale ou ethnique, notamment  dans la jouissance des droits suivants : […] d), ii) « Droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays » ; à l’art. 8 § 1 de la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille : « Les travailleurs migrants et les membres de leur famille sont libres de quitter tout Etat, y compris leur Etat d’origine. Ce droit ne peut faire l’objet que de restrictions prévues par la looi, nécessaire à la protection de la scurité nationale, de l’ordre public, de la santé ou de la moralité publique, ou des droits et libertés d’autrui, et compatibles avec les autres droits reconnus par la présente partie de la Convention ».

[5] Voir ainsi : Afrique du Sud, Constitution de 1996 tel qu’amendée en 2017, art. 21. Freedom of movement and residence: « (1). Everyone has the right to freedom of movement. (2) Everyone has the right to leave the Republic. (3) Every citizen has the right to enter, to remain in and to reside anywhere in, the Republic. (4) Every citizen has the right to a passport » ; Constitution du Cap Vert, article 50 relatif à la liberté de circulation et à l’émigration : « 1. Tous les citoyens ont le droit de sortir du territoire national, d’y entrer librement et d’émigrer. 2. Seule une décision judiciaire peut imposer des restrictions aux droits énoncés ci-dessus, et dans tous les cas de manière temporaire » ; Constitution de la République arabe d’Egypte (modification résultant du référendum du 25 mai 2005), art. 52 : « Les citoyens ont le droit à l’émigration permanente ou provisoire à l’étranger. La loi organise ce droit, les mesures et les conditions d’émigration et de départ du pays » ; Constitution of the Federal Democratic Republic of Ethiopia, 8 December 1994, Article 32 – Freedom of Movement: “1. Any Ethiopian or foreign national lawfully in Ethiopia has, within the national territory, the right to liberty of movement and freedom to choose his residence, as well as the freedom to leave the country at any time he wishes to. 2. Any Ethiopian has the right to return to his country”; The Constitution of Kenya, 2010, Article 39(2): “Every person has the right to leave Kenya” ; Madagascar, Constitution de la IIIe République, 19 août 1992 (version de 2007), article 12 § 1 : « Tout ressortissant malagasy a le droit de quitter le territoire national et d’y entrer dans les conditions fixées par la loi » ; Constitution of the Republic of Malawi, 1994, Section 39(2): “Every person shall have the right to leave the Republic and to return to it”; Constitution of Zimbabwe Amendment (No. 20) Act, 2013, Section 66 – Freedom of movement and residence: “(2) Every Zimbabwean citizen and everyone else who is legally in Zimbabwe has the right to – (c) leave Zimbabwe”.

[6] En ce sens : Comité des droits de l’homme, Observation générale No 27 (67) – Liberté de circulation (article 12), CCPR/C/21/Rev.1/Add.9, 2 novembre 1999, § 6 : « L’Etat partie doit veiller à ce que les droits garantis par l’article 12 échappent à toute ingérence tant publique que rivée. Cette obligation vaut tout particulièrement pour les femmes. Il est, par exemple, incompatible avec le paragraphe 1 de l’article 12 que le droit des femmes de se déplacer librement et de choisir librement leur résidence soit subordonnées dans les lois ou dans la pratique à la décision d’autrui, y compris celle d’un proche ». Voir aussi § 9 : « Pour que l’individu jouisse des droits garantis au paragraphe 2 de l’article 12, des obligations sont imposées tant à l’État dans lequel il réside qu’à l’État dont il est ressortissant [Voir HRC, 31 March 1983, Montero c. Uruguay, par. 9.4, communications No 106/1981 ; HRC, 23 March 1982, Sophie Vidal Martins c. Uruguay, Communication No 57/1979, Doc. CCPR/C/15/D/57/1979 ; HRC, 31 March 1983, Samuel Lichtensztejn v. Uruguay, Communication No. 77/1980, UN Doc. CCPR/C/OP/2 at 102 (1990)]. Etant donné que, pour voyager à l’étranger, il faut habituellement des documents valables, en particulier un passeport, le droit de quitter un pays comporte nécessairement celui d’obtenir les documents nécessaires pour voyager. La délivrance des passeports incombe normalement à l’État dont l’individu est ressortissant. Le refus d’un État de délivrer un passeport à un national qui réside à l’étranger ou d’en prolonger la validité peut priver l’individu de son droit de quitter le pays de résidence et d’aller ailleurs [Voir HRC, 23 March 1982, Sophie Vidal Martins c. Uruguay, Communication No 57/1979, Doc. CCPR/C/15/D/57/1979, par. 9. L’État ne peut pas se défausser en faisant valoir que son ressortissant pourrait retourner sur son territoire sans passeport ».

[7] Voir par exemple Constitution of Botswana, 30 September 1996, Chapter II – Protection of fundamental rights and freedoms of the individual, section 14. Protection of freedom of movement: “(1) No person shall be deprived of his or her freedom of movement, and for the purposes of this section the said freedom means the rights to move freely throughout the Botswana, the right to reside in any part of Botswana, the right to enter Botswana and immunity from expulsion from Botswana. (2) Any restriction on a person’s freedom of movement that is involved in his or her lawful detention shall not be held to be inconsistent with or in contravention of this section. (3) Nothing contained in or done under the authority of any law shall be held to be inconsistent with or in contravention of this section to the extent that the law in question makes provision – (a) for the imposition of restrictions that are reasonably required in the interests of defence, public safety, pubic order, public morality or public health or the imposition of restrictions on the acquisition or use by any person of land and other property in Botswana and except so far as that provision or, as the case may be, the thing done under the authority thereof, is shown not to be reasonably justifiable in a democratic society; (b) for the imposition of restrictions on the freedom of movement of any person who is not a citizen of Botswana; (c) for the imposition of restrictions on the entry into or residence within defined areas of Botswana of persons who are not Buhsmen to the extent that such restrictions are reasonably required for the protection or well-being of Bushmen; […]; (e) for the removal of a person from Botswana to be tried outside Botswana for a criminal offence or to undergo imprisonment in some other country in execution of the sentence of a court in respect of a criminal offence under the law in force in Botswana of which he or she has been convicted. (4) If any person whose freedom of movement has been restricted by order under such a provision as is referred to in subsection (3)(a) of this section (other than a restriction which is applicable to persons generally or to general classes of persons) so requests at any time during the period of that restriction not earlier than six months after the order was made or six months after he or she las made such request, as the case may be, his or her case shall be reviewed by an independent and impartial tribunal presided over by a person, qualified to be enrolled as an advocate in Botswana by the Chief justice. (5) On any review by a tribunal in pursuance of this section of the case of a person whose freedom of movement has been restricted, the tribunal may make recommendations, concerning the necessity or expediency of continuing the restriction to the authority by which it was ordered but, unless it is otherwise provided by law, that authority shall not be obliged to act in accordance with any such recommendations”. The Constitution of Kenya, 2010, Chapter three – Citizenship, Article 12 [posté blog]: “(1) Every citizen is entitled to – […] (b) a Kenyan passport and any document of registration or identification issued by the State to citizens. (2) A passport or other document referred to in clause (1) (b) may be denied, suspended or confiscated only in accordance with an Act of Parliament that satisfies the criteria mentioned in Article 24”.

[8] Ainsi, l’article 12 § 3 du Pacte international sur les droits civils et politiques [Okc blog]: « Les droits mentionnés ci-dessus ne peuvent être l’objet de restrictions que si celles-ci sont prévues par la loi, nécessaires pour protéger la sécurité nationale, l’ordre public, la santé ou la moralité publiques, ou les droits et libertés d’autrui, et compatibles avec les autres droits reconnus par le présent Pacte. / The above-mentioned right[s] shall not be subject to any restrictions except those which are provided by law, are necessary to protect national security, public order, public health or morals or the rights and freedoms of others, and are consistent with the other rights recognized in the present Covenant”. De même, le paragraphe 3 de l’article 2 du Protocole 4 à la CEDH dispose : « L’exercice de ces droits ne peut faire l’objet d’autres restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au maintien de l’ordre public, à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui » ; l’article 22 § 3 de la convention américaine relative aux droits de l’homme : « 3. L’exercice des droits susvisés ne peut faire l’objet d’autres restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent des mesures indispensables dans une société démocratique à la prévention des infractions pénales, à la protection de la sécurité nationale, de la sûreté ou de l’ordre publics, de la moralité ou de la santé publiques, ou des droits ou libertés d’autrui. / The exercise of the foregoing rights may be restricted only pursuant to a law to the extent necessary in a democratic society to prevent crime or to protect national security, public safety, public order, public morals, public health, or the rights or freedoms of others » et l’article 12 § 2 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples : « 2. […]. Ce droit ne peut faire l’objet de restrictions que si celles-ci sont prévues par la loi, nécessaires pour protéger la sécurité nationale, l’ordre public, la santé ou la moralité publiques. / This right may only be subject to restrictions, provided for by law for the protection of national security, law and order, public health or morality ».

[9] Voir ainsi, d’une manière générale : Comité des droits de l’homme, Observation générale No 27 (67) – Liberté de circulation (article 12), CCPR/C/21/Rev.1/Add.9, 2 novembre 1999 [Okc blog], § 2 : « Les limitations pouvat être imposées aux droits énoncés à l’article 12 ne doivent pas rendre sans objet le principe de la liberté de circulation, et doivent répondre aux exigences de protection prévues au paragraphe 3 de cet article et être compatibles avec les autres droits reconnus dans le Pacte » ; § 4 : « Une fois qu’un étranger se trouve légalement sur le territoire d’un Etat, toute restriction aux droits qui lui sont garantis aux paragraphes 1 et 2 de l’article 12 ainsi que toute différence de traitement par rapport aux nationaux doivent êre justifiées au regard du paragraphe 3 de l’article 12 [observation générale No. 15, par. 8, HRI/GEN/1/Rev. 3, 15 août 1997, p. 23] ; § 11 : « Le paragraphe 3 d el’article 12 prévoit des cas exceptionnels dans lesquels l’exercice des droits visés aux paragraphes 1 et 2 peut être restreint. Conformément aux dispositions de ce paragraphe, l’Etat ne peut restreindre l’exercice de ces droits que pour protéger la sécurité nationale, l’ordre public, la santé ou la moralité publiques et les droits et libertés d’autrui. Pour être autorisées, les restrictions doivent être prévues par la loi, elles doivent être nécessaires dans une société démocratique pour protéger les objectifs énoncés et elles doivent être compatibles avec tous les autres droits reconnus dans le Pacte [conditions qu’il précise aux paragraphes suivants » ; § 16 : « Les restrictions doivent, dans chaque cas, être appliquées compte tenu de motifs juridiques précis et répondre aux principes de la nécessité et de la proportionnalité » ; § 18 : « L’imposition des restrictions autorisées en vertu du paragraphe 3 de l’article 12 doit être compatible avec le respect des autres droits garantis dans le Pacte et avec les principes fondamentaux de l’égalité et de la non-discrimination. Ainsi, il y aurait clairement violation du Pacte si les droits consacrés aux paragraphes 1 et 2 de l’article 12 étaient restreints en raison de distinctions quelconques, fondées par exemple sur la race, la couleur, le sexe, la langue, la religion, l’opinion politique ou autre, l’origine nationale ou sociale, la naissance ou toute autre situation ». Voir également, s’agissant de cas concrets : CCPR, 6 November 1990, Miguel González del Río v. Peru, Communication No. 263/1987, § 5.3; Cour EDH, 22 mai 2001, Baumann c. France, req. n° 33592/96, §§ 61-67 ; Cour EDH, 13 novembre 2003, Napijalo v. Croatia, req. n° 66485/01 ; Cour EDH, 23 mai 2006, Riener v. Bulgaria, req. n° 46343/99, §§ 72 ss. et 130.

Documents

  • Convention de Chicago du 7 décembre 1944 relative à l’aviation civile internationale, annexe 9 : les transporteurs doivent « prendre des précautions au point d’embarquement afin que les passagers soient en possession des documents prescrits par les Etats contractants aux fins de contrôle ».
  • Déclaration Universelle des droits de l’homme, 1948, article 13 § 2 : « Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays » / / “Everyone has the right to leave any country, including his own, and to return to his country”
  • Pacte international relatif aux droits civils et politiques, adopté par l’Assemblée générale de l’ONU dans sa résolution 2200 A (XXI) du 16 décembre 1966 et entrée en vigueur le 23 mars 1976, article 12 : « 1. Quiconque se trouve légalement sur le territoire d’un Etat a le droit d’y circuler librement et d’y choisir librement sa résidence.  2. Toute personne est libre de quitter n’importe quel pays, y compris le sien.  3. Les droits mentionnés ci-dessus ne peuvent être l’objet de restrictions que si celles-ci sont prévues par la loi, nécessaires pour protéger la sécurité nationale, l’ordre public, la santé ou la moralité publiques, ou les droits et libertés d’autrui, et compatibles avec les autres droits reconnus par le présent Pacte. 4. Nul ne peut être arbitrairement privé du droit d’entrer dans son propre pays ».
  • Tunisie, Loi n° 1975-40 relative aux passeports et aux documents de voyage, JO de la République tunisienne, n° 34, 20 mai 1975, article 1 : « Tout ressortissant tunisien désirant se rendre à l’étranger doit être muni d’un document de voyage national » ; article 2 : « Les documents de voyage nationaux sont de deux sortes : a) les passeports ; b) les titres de voyage. / Tout document de voyage est remis à titre rigoureusement personnel au porteur » ; article 3 : « Les passeports et les titres de voyage sont délivrés par l’autorité administrative. Ils certifient, à l’étranger, l’identité de celui qui en est porteur et lui assurent a faculté de voyager librement. / Ils demeurent la propriété de l’Etat tunisien ».
  • HRC, 28 March 1980, Guillermo Waksman v. Uruguay, Communication No. 31/1978, UN Doc. CCPR/C/OP/1 at 36 (1984) [Ressortissant uruguayen, vivant plusieurs années hors de l’Uruguay. Celui-ci contesta le refus de renouveler son passeport. Le comité déclara la communication recevable et demanda à l’Uruguay de lui soumettre des explications clarifiant la question et le remède, s’il en existe, qu’il aurait pu prendre. L’uruguay, en réponse, informa le Comité qu’il avait ordonné au consulat compétent de renouveler le passeport, information confirmée par le demandeur qui informa le Comité qu’il avait reçu un passeport uruguayen. Le Comité estima que le défendeur avait pris les mesures appropriées pour remédier à la question litigieuse]
  • Convention d’application de l’Accord de Schengen, 1990, article 26 : « 1. Sous réserve des engagements qui découlent de leur adhésion à la Convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés (…) les Parties contractantes s’engagent à introduire dans leur législation nationale les règles suivantes : a) Si l’entrée sur le territoire d’une des Parties contractantes est refusée à un étranger, le transporteur qui l’a amené à la frontière extérieure par voie aérienne, maritime ou terrestre est tenu de le reprendre en charge sans délai. A la requête des autorités de surveillance de la frontière, il doit ramener l’étranger dans l’État tiers à partir duquel il a été transporté, dans l’Etat tiers qui a délivré le document de voyage avec lequel il a voyagé ou dans tout autre Etat tiers où son admission est garantie ; b) Le transporteur est tenu de prendre toutes les mesures nécessaires pour s’assurer que l’étranger transporté par voie aérienne ou maritime est en possession des documents de voyage requis pour l’entrée sur les territoires des Parties contractantes ».
  • Albania: Decree No. 7393 of 1990 on the Issue of Passports and Visas, 12 June 1990, article 1: “The citizens of the republic of Albania enjoy the right to be issued passports or other equivalent documents to leave the territory of the Republic of Albania and enter it, with the exception of the cases envisaged in this Decree. / They must have the visa of the State or States they are travelling to, with the exception of the cases when an (State or governmental) agreement on travel by other document or without visa, exists between the Republic of Albania and their countries. (amended by article 1 of the Decree No. 7450, date 05.01.1991)”.
  • CCPR, 6 November 1990, Miguel González del Río v. Peru, Communication No. 263/1987, § 5.3: « Article 12, paragraph 2, protects an individual’s right to leave any country, including his own. The author claims that because of the arrest warrant still pending, he is prevented from leaving Peruvian territory. Pursuant to paragraph 3 of article 12, the right to leave any country may be restricted, primarily, on grounds of national security and public order (ordre public). The Committee considers that pending judicial proceedings may justify restrictions on an individual’s right to leave his country. But where the judicial proceedings are unduly delayed, a constraint upon the right to leave the country is thus not justified. In this case, the restriction on Mr. González’ freedom to leave Peru has been in force for seven years, and the date of its termination remains uncertain. The Committee considers that this situation violates the author’s rights under article 12, paragraph 2; in this context, it observes that the violation of the author’s rights under article 12 may be linked to the violation of his right, under article 14, to a fair trial ».
  • Germany: Passport Act (PassG) of 19 April 1986, Federal Law Gazette I p. 537, last amended by Article 1 of the Act of 20 July 2007, Federal Law Gazette I p. 1566, 2317, Section 1 – Passport requirement, (1) : « Germans within the meaning of Article 116 (1) of the Basic Law of the Federal Republic of Germany leaving or entering the geographical area in which this law applies are required to carry a valid passport to identify themselves. […] ».
  • Constitution of the Federal Democratic Republic of Ethiopia, 8 December 1994, Article 32 – Freedom of Movement: “1. Any Ethiopian or foreign national lawfully in Ethiopia has, within the national territory, the right to liberty of movement and freedom to choose his residence, as well as the freedom to leave the country at any time he wishes to. 2. Any Ethiopian has the right to return to his country”.
  • Bénin, Cour constitutionnelle, 26 septembre 1996, Décision DCC 96-060, Mademoiselle Melo Gomez Angela Patricia épouse Bertrand, in Annuaire béninois de justice constitutionnelle – Dossier spécial : 21 ans de jurisprudence de la Cour constitutionnelle du Bénin (1991-2012), I-2013, Association béninoise de droit constitutionnel, Centre de droit constitutionnel, Université d’Abomey-Calavi (Bénin), Presses Universitaires du Bénin, 2014, p. 507 [Confiscation d’un passeport ¾Allégation violation de la Constitution et de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples ¾« Considérant, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens invoqués, que la rétention dans les conditions ci-dessus précisées, du passeport de Dame Bertrand depuis le 8 juillet 1996 sans intervention de l’autorité judiciaire, est arbitraire et la prive d’un droit fondamental, celui d’aller et venir, reconnu par l’article 25 de la Constitution et l’article 12 alinéa 2 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples ; que l’autorité administrative n’a pas compétence pour tenir, proprio motu, un citoyen [étranger pour qu’il ne puisse pas quitter le territoire dans le cadre d’une commission d’enquête parlementaire]à sa disposition ; que ce faisant, elle viole la Constitution]
  • Observation générale No. 27 (67), Liberté de circulation (art.12), U.N. Doc. CCPR/C/21/Rev.1/Add.9, 2 novembre 1999, notamment § 8 : « La liberté de quitter le territoire d’un État ne peut être subordonnée à un but particulier ni à la durée que l’individu décide de passer en dehors du pays. Se trouvent donc visés le voyage à l’étranger aussi bien que le départ définitif de la personne qui souhaite émigrer. De même, cette garantie légale s’étend au droit de choisir l’État où l’individu souhaite se rendre. Comme le champ d’application du paragraphe 2 de l’article 12 n’est pas limité aux personnes qui se trouvent légalement sur le territoire d’un État, l’étranger légalement expulsé du pays a lui aussi le droit de choisir l’État de destination, sous réserve de l’accord de ce dernier »; § 9 : « Pour que l’individu jouisse des droits garantis au paragraphe 2 de l’article 12, des obligations sont imposées tant à l’État dans lequel il réside qu’à l’État dont il est ressortissant. Etant donné que, pour voyager à l’étranger, il faut habituellement des documents valables, en particulier un passeport, le droit de quitter un pays comporte nécessairement celui d’obtenir les documents nécessaires pour voyager. La délivrance des passeports incombe normalement à l’État dont l’individu est ressortissant. Le refus d’un État de délivrer un passeport à un national qui réside à l’étranger ou d’en prolonger la validité peut priver l’individu de son droit de quitter le pays de résidence et d’aller ailleurs. L’État ne peut pas se défausser en faisant valoir que son ressortissant pourrait retourner sur son territoire sans passeport »; § 10 : « La pratique des États montre souvent que les règles de droit et les mesures administratives portent atteinte au droit de l’individu de quitter un pays, en particulier le sien. […]. Les États parties devraient également inclure dans leurs rapports des renseignements sur les mesures qui imposent des sanctions aux transporteurs internationaux qui amènent dans leur territoire des personnes ne possédant pas les papiers requis, lorsque ces mesures portent atteinte au droit de quitter un autre pays »; § 16 : « Les États montrent rarement que l’application de leurs lois restreignant les droits énoncés aux paragraphes 1 et 2 de l’article 12 satisfait à toutes les prescriptions énumérées au paragraphe 3 de l’article 12 » ; § 17 : « La pratique des États révèle un arsenal encore plus riche d’obstacles faisant que les individus ont encore plus de difficultés à quitter le pays, en particulier s’agissant des ressortissants de l’État partie lui-même. Ces règles et pratiques concernent notamment la nécessité pour les candidats d’avoir accès aux autorités compétentes et aux informations relatives aux conditions requises, l’obligation de demander des formulaires spéciaux à remplir pour se procurer les documents voulus permettant d’obtenir un passeport, la nécessité de produire des déclarations de soutien de la part d’employeurs ou de membres de la famille, l’obligation de décrirer exactement l’itinéraire de voyage, la délivrance de passeports sous condition de versement de sommes élevées, largement excessives par rapport au coût du service rendu par l’administration, les délais déraisonnables dans la délivrance des documents de voyage, les restrictions imposées au nombre des membres de la famille voyageant ensemble, l’obligation de déposer une caution équivalant aux frais de rapatriement ou de produire un billet de retour, l’obligation de présenter une invitation de l’État de destination ou de personnes qui vivent dans cet État, les harcèlements dont sont victimes les requérants, par exemple intimidation, arrestations, pertes d’emploi ou expulsion des enfants de l’école ou de l’université, et le refus de délivrer un passeport à quelqu’un qui est considéré comme portant atteinte à la réputation du pays » ; § 18 : « L’imposition des restrictions autorisées en vertu du paragraphe 3 de l’article 12 doit être compatible avec le respect des autres droits garantis dans le Pacte et avec les principes fondamentaux de l’égalité et de la non-discrimination. Ainsi, il y aurait clairement violation du Pacte si les droits consacrés aux paragraphes 1 et 2 de l’article 12 étaient restreints en raison de distinctions quelconques, fondées par exemple sur la race, la couleur, le sexe, la langue, la religion, l’opinion politique ou autre, l’origine nationale ou sociale, la naissance ou toute autre situation »
  • Cour EDH, 22 mai 2001, Baumann c. France, req. n° 33592/96 [Violation de la liberté de quitter tout territoire, y compris le sien (article 2 § 2 du Protocole IV). La saisie du passeport et sa mise sous scellés par un officier de police judiciaire étaient prévues par le loi. Mais, « compte tenu du fait que le passeport est un document strictement personnel », la mesure n’était pas nécessaire dans une société démocratique et proportionnée à la poursuite de buts légitimes]
  • Directive 2001/51/CE du Conseil du 28 juin 2001 visant à compléter les dispositions de l’article 26 de la convention d’application de l’accord de Schengen du 14 juin 1985, cons. 1 : « Afin de lutter efficacement contre l’immigration clandestine, il est essentiel que tous les Etats membres se dotent d’un dispositif fixant les obligations des transporteurs acheminant des ressortissants étrangers sur le territoire des Etats membres. Il convient également, pour assurer une plus grande efficacité de cet objectif, d’harmoniser autant que possible les sanctions pécuniaires actuellement prévues par les Etats membres en cas de violation des obligations de contrôle qui incombent aux transporteurs, en tenant compte des différences entre les systèmes et pratiques juridiques des Etats membres » ; article 2 : « Les États membres prennent les dispositions nécessaires pour s’assurer que l’obligation des transporteurs de réacheminer les ressortissants de pays tiers conformément à l’article 26, § 1, de la convention de Schengen s’applique également lorsque l’entrée est refusée à un ressortissant de pays tiers en transit si : a) le transporteur qui devait l’acheminer dans son pays de destination refuse de l’embarquer, ou b) les autorités de l’État de destination lui ont refusé l’entrée et l’ont renvoyé dans l’État membre par lequel il a transité » ; article 3 : « Les États membres prennent les mesures nécessaires pour imposer aux transporteurs qui ne sont pas en mesure d’assurer le retour d’un ressortissant de pays tiers dont l’entrée est refusée l’obligation de trouver immédiatement le moyen de réacheminement et de prendre en charge les frais correspondants, ou, lorsque le réacheminement ne peut être immédiat, de prendre en charge les frais de séjour et de retour du ressortissant de pays tiers en question » ; article 4 : « 1. Les États membres prennent les mesures nécessaires pour assurer que les sanctions applicables aux transporteurs en vertu de l’article 26, § 2 et 3, de la convention de Schengen sont dissuasives, effectives et proportionnelles et que : a) soit le montant maximal des sanctions pécuniaires applicables ainsi instaurées n’est pas inférieur à 5000 euros (…) par personne transportée ; b) soit le montant minimal de telles sanctions n’est pas inférieur à 3000 euros (….) par personne transportée : c) soit le montant maximal de la sanction appliquée forfaitairement à chaque infraction n’est pas inférieur à 500000 euros (…) indépendamment du nombre de personnes transportées (…) ».
  • Maroc, Loi n° 02-03 relative à l’entrée et au séjour des étrangers au Royaume du Maroc, à l’émigration et l’immigration irrégulières, promulguée par le dahir n° 1-03-196 du 11 novembre 2003(Bulletin officiel n° 5162 du 20 novembre 2003) : Article 50 : « Est punie d’une amende de 3000 à 10 000 dirhams et d’un emprisonnement d’un mois à six mois ou de l’une de ces deux peines seulement, sans préjudice des dispositions du code pénal applicables en la matière, toute personne qui quitte le territoire marocain d’une façon clandestine, en utilisant, au moment de traverser l’un des postes frontières terrestres, maritimes ou aériens, un moyen frauduleux pour se soustraire à l’accomplissement des formalités prescrites par la loi et les règlements en vigueur, ou en utilisant des pièces falsifiées ou par usurpation de nom, ainsi que toute personne qui s’introduit dans le territoire marocain ou le quitte par des issues ou des lieux autres que les postes frontières créés à cet effet » ; article 51: « Est punie d’un emprisonnement de deux ans à cinq ans et d’une amende de 50 000 à 500 000 dirhams toute personne qui prête son concours ou son assistance pour l’accomplissement des faits visés ci-dessus, si elle exerce un commandement des forces publiques ou en fait partie, ou qu’elle est chargée d’une mission de contrôle, si cette personne est l’un des responsables ou des agents ou employés dans les transports aériens, ou dans tout autre moyen de transport, quel que soit le but de l’utilisation de ce moyen de transport ». ; article 52: « Est punie d’un emprisonnement de six mois à trois ans et d‘une amende de 50 000 à 500 000 dirhams, quiconque organise ou facilite l’entrée ou la sortie des nationaux ou des étrangers de manière clandestine sur le territoire marocain, par l’un des moyens visés aux deux articles précédents, notamment en effectuant leur transport, à titre gratuit ou onéreux […] ».
  • Cour EDH, 13 novembre 2003, Napijalo v. Croatia, req. n° 66485/01 [Allégation empêchement de quitter la Croatie au motif que les autorités douanières ont saisi son passeport en attendant le paiement d’une amende – Violation de la liberté de circulation (article 2 du Protocole IV) – Droit à un procès équitable : art. 6 § 1 applicable], para 74: “It remains to be determined whether that restriction was “in accordance with the law” and was a “necessary measure in a democratic society” § 82: “the Court finds that the interference with the applicants liberty of movement was not a measure “necessary in a democratic society” proportionate to the aims pursued (see Labita v. Italy, cited above, p. 147, § 197 and Baumann v. France, cited above, p. 219, § 67)”
  • Loi n° 08-11 du 21 Joumada Ethania 1429 correspondant au 25 juin 2008 relative aux conditions d’entrée, de séjour et de circulation des étrangers en Algérie, Journal officiel de la République algérienne, n° 36, 28 Joumada Ethania 1429 / 2 juillet 2008, Article 9 : « L’étranger non résident en situation régulière au plan du séjour sur le territoire algérien, peut quitter celui-ci dans le cadre de la législation et de la réglementation en vigueur » ; Article 46 : « Toute personne qui, directement ou indirectement, facilite ou tente de faciliter l’entrée, la circulation, le séjour ou la sortie de façon irrégulière d’un étranger sur le territoire algérien, est punie d’un emprisonnement de deux à cinq ans et d’une amende de 60.000 à 200.000 dinars. / La peine est la réclusion à temps de cinq ans à dix ans et une amende de 300.000 à 600.000 dinars, lorsque l’infraction visée à l’alinéa premier ci-dessus est commise avec l’une des circonstances suivantes : 1. Port d’armes ; 2. Utilisation de moyens de transport, de télécommunications et autres équipements spécifiques ; 3. Commission de l’infraction par plus de deux personnes, lorsque le nombre d’immigrants clandestins introduits est supérieur à deux personnes ; 4. Lorsque l’infraction est commise dans des circonstances qui exposent directement les étrangers à un risque immédiat de mort ou de blessures de nature à entraîner une mutilation ou une infirmité permanente ; 5. Lorsque l’infraction a pour effet de soumettre les étrangers à des conditions de vie, de transport, de travail ou d’hébergement incompatibles avec la dignité de la personne humaine ; 6. Lorsque l’infraction a comme effet, pour des mineurs étrangers, de les éloigner de leur milieu familial ou de leur environnement traditionnel/ La peine est la réclusion à temps de dix ans à vingt ans, et une amende de 2.250.000 à 3.000.000 de dinars, lorsque l’infraction a été commise avec au moins deux des circonstances prévues aux alinéas précédents. / Le juge peut en outre prononcer la confiscation des objets ayant servi à la commission de l’infraction ainsi que les produits provenant de celle-ci ».
  • The Constitution of Kenya, 2010, Chapter three – Citizenship, Article 12: “(1) Every citizen is entitled to – […](b) a Kenyan passport and any document of registration or identification issued by the State to citizens. (2) A passport or other document referred to in clause (1) (b) may be denied, suspended or confiscated only in accordance with an Act of Parliament that satisfies the criteria mentioned in Article 24”.
  • Cour EDH, 11 janvier 2011, Xhavara et autres c. Italie et Albanie, n° 39473/98, décision sur la recevabilité, p. 7 : « La Cour relève que les mesures mises en cause par les requérants ne visaient pas à les priver du droit de quitter l’Albanie, mais à les empêcher d’entrer sur le territoire italien. Le second paragraphe de l’article 2 du Protocole n° 4 ne trouve donc pas à s’appliquer en l’espèce. / Il s’ensuit que ce grief est incompatible ratione materiaeavec les dispositions de la Convention au sens de l’article 35 § 3, et doit être rejeté en application de l’article 35 § 4 ».
  • Constitution of Zimbabwe Amendment (No. 20) Act, 2013, Section 35 – Zimbabwean Citizenship: “(3) All Zimbabwean citizens are entitled to the following rights and benefits, in addition to any others granted to them by law – (b) to passports and other travel documents”; , Section 66 – Freedom of movement and residence: (1) Every Zimbabwean citizen has – (c) the right to a passport or other travel document. (2) Every Zimbabwean citizen and everyone else who is legally in Zimbabwe has the right to – (c) leave Zimbabwe”.
  • Union africaine, Décision sur la libre circulation des personnes et le passeport africain, Assembly/AU/Dec.607 (XXVII), in Décisions, déclarations et résolutions de l’Assemblée de l’Union, 27e session ordinaire, Kigali (Rwanda), 17-18 juillet 2016
  • France, CESEDA, article L624-1 (Modifié par LOI n°2016-274 du 7 mars 2016 – art. 57) : « Tout étranger qui, faisant l’objet d’un arrêté d’expulsion, d’une mesure de reconduite à la frontière, d’une obligation de quitter le territoire français, d’une interdiction administrative du territoire ou d’une interdiction judiciaire du territoire, se sera maintenu irrégulièrement sur le territoire français sans motif légitime, après avoir fait l’objet d’une mesure régulière de placement en rétention ou d’assignation à résidence ayant pris fin sans qu’il ait pu être procédé à son éloignement, sera puni d’un an d’emprisonnement et de 3 750 € d’amende »

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